La dépression post-partum

Femme semblant souffrir de baby-blues

Vous venez d’accoucher et devriez vivre l'un des moments les plus heureux de votre vie. Pourtant, vous vous sentez triste : c’est la dépression post-partum, encore appelée « baby blues ». De quoi s’agit-il ? Pourquoi survient-elle ? Comment la prévenir et comment la traiter ? Découvrez toutes les réponses à vos questions dans cet article.


Vous venez d’accoucher et vous n'arrêtez pas de pleurer ? Vous rejetez votre bébé, vous vous sentez coupable parce que vous pensez être une mauvaise mère ? Ne vous inquiétez pas : vos sentiments et votre humeur s’expliquent par les changements hormonaux que votre corps est en train de subir. Après l’accouchement, les hormones doivent revenir à leurs niveaux d'avant la grossesse et cet ajustement retentit sur votre état émotionnel.

Dépression post-partum : les symptômes

Une femme sur 10 qui accouche souffre de dépression post-partum. Les symptômes sont très semblables à ceux d'une dépression normale et durent en général environ deux semaines :

- Vous avez votre bébé dans les bras et malgré cela, vous ne vous sentez pas heureuse ; au contraire, une immense tristesse vous envahit, vous êtes irritable et anxieuse.

- Il vous arrive même de rendre votre bébé responsable de votre état et vous le rejetez.

Les causes de la dépression post-partum ne sont pas vraiment connues, mais il semblerait que la raison principale en soit le réajustement hormonal que subit le corps de la femme après l'accouchement.

Dépression post-partum : les degrés de gravité

Suivant la gravité, on distingue deux catégories de dépression post-partum.

1/ La dépression post-partum légère
Elle concerne 80% des femmes atteintes de ce trouble. Sans impact sur la santé mentale de la mère, elle ne nécessite aucun traitement. Elle apparaît 2 ou 3 jours après la naissance, et disparaît au bout de 15 jours. Les symptômes sont : insomnie, anxiété, irritabilité, facilité à pleurer, sensation d’être débordée et peur de ne pas être capable de prendre soin de son bébé. À cela d’ajoute une faible estime de soi : la jeune maman n'accepte pas son corps et se sent laide.

2/ La dépression post-partum sévère
Seules 10% des dépressions post-partum sont considérées comme graves. La dépression post-partum sévère apparaît un mois après l'accouchement. Là encore, la mère se sent incapable de prendre soin de son bébé. Les symptômes en sont l'anxiété, la tristesse, l’agressivité, parfois même des crises de panique, la peur et l’absence d’estime de soi. Ces symptômes peuvent conduire à des troubles de l'alimentation tels qu’une augmentation excessive de l'appétit ou à l'inverse une perte totale d’appétit. Peuvent aussi venir s’ajouter de la tachycardie ou de l'insomnie. Ce type de dépression nécessite l’intervention d’un professionnel spécialisé.

Dépression post-partum : comment la prévenir ?

Voici quelques conseils qui vous aideront à prévenir (et éventuellement à en atténuer les effets) la dépression post-partum :

- N’essayez pas d'être une superwoman. S’occuper d’un enfant est un travail à temps plein : limitez au maximum vos engagements possibles pour pouvoir consacrer du temps à votre bébé. Il est important que vous ayez également à disposition une ou plusieurs personnes de confiance à qui vous puissiez laisser votre bébé si nécessaire. N’ayez pas peur de demander de l'aide.

- Dès que vous le pouvez, profitez-en pour vous reposer. Apprenez à faire des siestes quand votre bébé dort.

- Alimentez-vous correctement. Les légumes, les fruits frais, le lait, les céréales et les poissons gras doivent toujours faire partie de votre alimentation.

- Consacrez du temps à votre couple. Il est important de retrouver une intimité de couple avant de reprendre une activité sexuelle.

- Changez-vous les idées. Sortez faire du shopping, allez au cinéma, dînez avec votre compagnon ou sortez vous balader avec votre bébé.

- Côtoyez des couples qui, eux aussi, attendent ou viennent d’avoir un bébé ; vous pourrez ainsi partager vos expériences et vos préoccupations.

- N’hésitez pas à assister à des sessions de soutien post-partum ou d'allaitement ; vous y trouverez de l'aide et de la compréhension.

- Essayez d’avoir une vie le plus tranquille possible : l’arrivée d’un bébé implique déjà un changement radical, il est donc préférable d'éviter que trop de choses ne s’accumulent (évitez par exemple les déménagements…).

Si vous avez déjà souffert d’une dépression post-partum lors d'une précédente grossesse, cela ne signifie pas que vous allez forcément en avoir une autre. Néanmoins, il est important dans ce cas d’en aviser votre médecin afin de surveiller l'apparition de tout signe annonciateur.

Ajoutons que si l’accouchement a été difficile ou si la jeune maman se trouve dans l’obligation d'arrêter de travailler pour s'occuper de son bébé, les probabilités de souffrir d’une dépression post-partum augmentent.

Enfin, des scientifiques américains affirment que la consommation d'acides gras oméga-3 pendant la grossesse réduit le risque de souffrir de dépression post-partum. L'étude a été menée sur 52 femmes enceintes que l’on a divisé en deux groupes : l’un a reçu 300 milligrammes de DHA, 5 jours par semaine entre la semaine 24 de grossesse et la semaine 40 de grossesse tandis que les futures mamans de l’autre groupe ont mangé une demi-portion de saumon pendant toute cette période.

L'analyse des données obtenues indique que les femmes enceintes qui ont consommé du poisson étaient moins susceptibles de développer les symptômes de la dépression post-partum, comme le manque de sommeil, la perte d'appétit, l'anxiété, la passivité émotionnelle, la confusion...

Les experts ont donc conclu que, pendant la grossesse, le régime alimentaire doit être riche en acides gras oméga-3 que l’on trouve notamment dans le poisson (saumon, sardines et thon) et dans les fruits secs tels que les noix et les amandes.

Dépression post-partum : comment la diagnostiquer ?

Les dernières études sur la dépression post-partum ont établi que le moment le plus critique est la 32ème semaine de grossesse et non pas, comme on l'a toujours cru, les premières semaines après la naissance. C’est pourquoi il est important d'évaluer et de traiter à temps les symptômes du trouble. Mais comment distinguer une dépression du simple sentiment de « se sentir un peu apathique ». Il faut pour cela apprendre à se connaître et prendre le temps de s’observer.

Pour savoir si vous souffrez de dépression post-partum, répondez à ces quelques questions :

- Je me sens triste ?
- Le me sens mieux le soir que le matin ?
- J’ai tous les jours envie de pleurer ?
- J’ai perdu l'appétit ?
- Je me sens fatiguée et apathique ?
- J’ai du mal à me concentrer ?
- J’ai perdu toute envie de faire des choses ?
- Ma vie me semble difficile ?
- Je dors mal ?
- Je suis irritable ou nerveuse ?
- J’ai peur de tout ce qui ne va pas ?
- J’ai perdu toute envie de prendre soin de moi ?

Si vous ressentez tout ou partie de ces sentiments de manière assez intense et persistante, il est probable que vous souffriez de dépression post-partum. Il est important dans ce cas que vous ne restiez pas seule. Demandez de l'aide à votre entourage familial et consultez votre médecin qui saura vous orienter.

Si vous avez répondu non à la grande majorité des questions c'est qu'il ne s'agit que d'un trouble passager, une sensation tout à fait normale en fin de grossesse.

Dépression post-partum : comment la traiter ?

Outre les indications de votre médecin, voici quelques conseils qui pourront vous aider à vous sentir mieux :

- N’hésitez pas à vous confier à vos proches ou à une personne de confiance, à parler de vos sentiments, de vos peurs et de vos angoisses.

- Prenez le temps de vous détendre un moment chaque jour.

- Essayez de tenir un journal où vous pourrez écrire ce que vous ressentez ; ainsi vous pourrez vous rendre compte de votre évolution.

- Écoutez-vous. Si un jour vous n’avez pas envie de vous lever, ne dramatisez pas : demain cela ira certainement mieux.

- Soyez consciente de vos limites et n’hésitez pas à demander de l’aide à votre partenaire.

- Ne vous isolez pas : rencontrez des amis, allez voir votre famille.

- Limitez-vous à faire ce que vous vous sentez vraiment capable de faire : ce n’est pas grave si votre maison n’est pas parfaitement rangée.

- Évitez les efforts démesurés : vous allez vous fatiguer et cela va aggraver votre état dépressif.

- Nourrissez-vous suffisamment et de façon équilibrée.

- Faites une activité physique modérée : vous pouvez sortir marcher pendant une heure ou faire du yoga, excellent pour maintenir un équilibre entre le corps et l’esprit.

Dans tous les cas, face à de tels symptômes, il ne faut pas forcer la jeune maman à accepter son bébé. Il faut tout simplement patienter. Avec le temps, elle redeviendra elle-même; elle aimera son bébé inconditionnellement et saura s’en occuper.


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