Le déclenchement d’un accouchement est l’une des mesures prises par le gynécologue en vue de préserver la vie de la future maman et de son fœtus. Parfois, la santé fœtale ne permet plus le maintien de la grossesse. Voyons les motifs légitimes d’un déclenchement ainsi que les techniques les plus efficaces.

Déclenchement d’accouchement : une procédure artificielle

Le déclenchement consiste à ne pas attendre que le bébé naisse de façon spontanée. Il s’agit d’une procédure obstétrique qui vise à arrêter la grossesse et à faire naître l’enfant par les voies naturelles à l’aide de médicaments. Comme toute procédure artificielle, le déclenchement de l’accouchement n’est pas dépourvu de risques, autant pour la future maman que pour le fœtus. La décision de déclencher un accouchement doit donc être mûrement réfléchie et doit tenir compte de plusieurs paramètres.

Parmi les critères à vérifier, le médecin doit voir si le col de l’utérus est mature, si les fonctions pulmonaires du fœtus ont également atteint leur maturité et si le fœtus est dans une position correcte. Le docteur contrôle également que le poids du fœtus est dans les normes et que son passage par le bassin est possible. Pendant la procédure, il faut aussi vérifier si la femme réagit bien au médicament choisi et prendre en compte les contre-indications. Alors que le médicament est administré, la future maman et le bébé sont suivis par monitoring. Des mesures sont faites régulièrement : oxymétrie, analyse des cellules sanguines. Pendant toute la procédure, une sage-femme surveille la future maman en exclusivité.

Déclenchement d’accouchement : une pratique devenue excessive

De plus en plus de médecins décident de déclencher l’accouchement sans forcément d’indication justifiée, par complaisance ou par commodité. Aujourd’hui, environ un quart des femmes enceintes vont recevoir des médicaments censés accélérer la naissance, alors que les chiffres montraient 15% avant 1990. Les produits utilisés agissent sur le col en augmentant la fréquence et l’intensité des contractions utérines. Parfois, le déclenchement de l’accouchement ne se passe pas comme prévu, ce qui donne lieu à des complications, dont les anomalies des bruits du cœur fœtal. Généralement, ces complications rendent la césarienne obligatoire.

Malgré le risque de cette pratique, pourquoi reste-t-elle adoptée chez une femme sur quatre ?
Le déclenchement de l’accouchement entre dans le cadre d’une surmédicalisation de la grossesse et de l’accouchement. Les médecins sont devenus excessivement prudents et préfèrent l’anticipation. La procédure permet d’avoir le contrôle sur l’accouchement sans laisser le temps à des évènements naturels de se produire.

Pourquoi déclencher un accouchement ?

Déclencher l’accouchement est un acte nécessaire et vital pour la maman et son fœtus dans certains cas :

- La grossesse se prolonge au-delà du terme. C’est l’une des causes les plus courantes du déclenchement de l’accouchement. Une fois que la grossesse dépasse les 41 semaines + 3 à 5 jours, la procédure est incontournable.

- La poche des eaux s’est rompue plus tôt. La date prévue pour l’accouchement est encore éloignée, mais la future maman a perdu les eaux. Au cas où le travail ne débute toujours pas après un délai de 12 heures après la perte des eaux, un déclenchement est nécessaire car l’utérus n’est plus stérile et les infections guettent la femme.

- Des maladies au cours de la grossesse : hypertension, diabète gestationnel, retard de croissance fœtale… Chaque pathologie est à analyser avant toute prise de décision.

- Une macrosomie, c’est-à-dire le risque d’avoir un gros bébé. C’est vers la 32ème semaine de grossesse qu’on peut détecter que le fœtus risque d’être difficile à faire passer par la voie vaginale.

Dans quels cas peut-on attendre avant de déclencher l’accouchement ?

Rappelons que le déclenchement de l’accouchement n’est pas une intervention obligatoire. Parfois, le travail va commencer de lui-même après quelques jours d’attente.

- Si le liquide amniotique diminue ou que les mouvements fœtaux se font discrets. Le médecin prendra le temps de faire plusieurs examens pour s’assurer que tout va bien. Ces symptômes ne conduisent donc pas forcément à un déclenchement de l’accouchement.

- Si la future maman ressent de la fatigue physique et psychologique. C’est courant en fin de grossesse, justifiant souvent des demandes de la part des futures mamans. Le médecin ne déclenchera pas tout de suite l’accouchement. Il va commencer par rassurer la maman et essayer d’attendre. Dans ce genre de cas, la maman va mettre son consentement par écrit.

Les contre-indications d’un déclenchement de l’accouchement

Toutes les situations où l’accouchement par voie basse n’est pas indiqué vont constituer des contre-indications au déclenchement : un fœtus en présentation oblique ou transversale, un herpès, une position basse du placenta ou une sortie du cordon sous la tête du fœtus, une disproportion fœto-pelvienne. Certaines situations nécessitent une discussion, puisque les avis de spécialistes sont partagés : des jumeaux avec des antécédents de césarienne, un gros bébé…

Les méthodes médicamenteuses utilisées pour déclencher l’accouchement

1) Les mèches enduites

Cette méthode consiste à introduire des tampons de 15 cm dans le vagin. Les tampons contiennent de la prostaglandine libérée progressivement. L’avantage, c’est que les contractions sont déclenchées en douceur, et que les bandes peuvent être retirées ou replacées suivant l’évolution du travail.

2) Le ballonnet gonflable
Cette technique récente et même expérimentale consiste à introduire un ballonnet dans le vagin. Une fois que le ballonnet touche le col utérin, il va se gonfler pour avoir un diamètre de 4 ou 5 cm. La pression sur le col va décoller la membrane et libérer des prostaglandines de façon naturelle. Il suffit de quelques heures pour que le col soit mature et que le travail commence. L’avantage, c’est que la procédure est tout à fait indolore. Elle reste toutefois au stade d’expérimentation, il faudra attendre 5 ans pour collecter suffisamment de données étayant son efficacité.

3) Le gel de prostaglandine
Le déclenchement de l’accouchement par le gel de prostaglandine a été le plus utilisé pendant les dernières décennies. Il est aujourd’hui considéré comme obsolète. La présence de prostaglandine en grande quantité dans le canal vaginal augmente la contractilité de l’utérus. L’inconvénient, c’est donc l’impossibilité de moduler la dose et les effets.

4) L’huile de ricin
L’utilisation de l’huile de ricin pour déclencher l’accouchement est aujourd’hui déconseillée, considérée comme étant d’une autre époque. Le principe était de faire ingérer de l’huile de ricin pour stimuler des spasmes intestinaux. Cela déclenchait alors des contractions utérines en réflexe.

5) L’ocytocine
Le déclenchement de l’accouchement par l’ocytocine n’est possible que sur un col déjà mature et raccourci, prêt à s’ouvrir. L’administration de l’ocytocine se fait par perfusion lorsque le col ne se dilate pas. La précision dans le dosage est importante, tout comme la surveillance car la méthode expose au risque d’hémorragie du post-partum.

Les techniques non pharmacologiques pour déclencher l’accouchement

1) Le décollement des membranes
Cette méthode consiste à utiliser les doigts du gynécologue pour décoller le sac amniotique de la surface interne du col de l’utérus, sans le rompre. Cette pratique, quoiqu’invasive, est nécessaire quand le travail traîne.

2) L’amniotomie
Ici, la rupture du sac amniotique se fait avec des instruments en salle d’accouchement. Cette technique n’est pas à choisir en première intention car elle fait perdre beaucoup de liquide amniotique. Elle va stimuler la production de prostaglandines. Une surveillance de la future maman est importante parce que l’amniotomie expose au dysfonctionnement du cœur du fœtus si le liquide amniotique est déversé brusquement.

Dissiper certaines idées reçues sur le déclenchement de l’accouchement

- Faire l’amour provoque-t-il l’accouchement ? Le sexe serait un élément déclencheur de l’accouchement. Le sperme contient des prostaglandines et déclencherait donc des contractions utérines. Les rapports sexuels ne sont pas proscrits, sauf s’il y a un risque d’accouchement prématuré. D’ailleurs, les effets d’un rapport sexuel ne sont pas spectaculaires.

- Monter et descendre un escalier provoque-t-il l’accouchement ? C’est en effet ce que les grands-mères conseillent aux femmes qui tardent d’accoucher. Lors d’une grossesse normale, la pratique physique régulière et modérée va aider la future maman pour son accouchement. Mais une fatigue extrême va diminuer l’oxygénation du fœtus, ce qui va déclencher des contractions. En somme, c’est bénéfique du moment que la femme n’en abuse pas.

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