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La naissance de Jeanne

La naissance de Jeanne

 

Paris, le 6 mai 2005 à 06h00 du matin.

-  Mathias!...Mathias!...Mathias mais réveille toi !!

-  Hummm...qu’est-ce qu’y a...il est 06h00 du mat’...

-  Je crois qu’il faut y aller, c’est l’heure!

 

Note importante à l’attention de tous les papas de la planète : quand votre femme, enceinte de 8 mois, vous dit “qu’elle pense que c’est le moment”...vous évitez de lui demander ce que j’ai demandé...

-- C’est l’heure de quoi?

-- Je crois que j’ai perdu les eaux, il faut aller à la maternité !

A ce moment là, les neurones se connectent, l’information arrive au cerveau qui commande à votre corps de se lever, et vous pensez à tout ce à quoi vous n’aviez pas pensé avant : Je vais être papa? Pour de vrai? Ça y est c’est maintenant!

Le stressomètre monte un peu dans les tours, normal, on s’y attendait, mais on se rend aussi compte que rien n’est prêt. Et oui, l’accouchement était prévu dans 3 semaines, on se dit qu’on a le temps, qu’on préparera la valise bien assez tôt et qu’on va gérer... et bien non... plus le temps de gérer car il faut y aller, ce qui, je vous l’assure, arrive dans 80% des accouchements.

Après avoir enfilé un jean, une chemise et un pull, me voilà prêt pour accompagner ma douce à la maternité. Petit check avant de partir :

-  Comment on y va? Appeler les grands-parents : pas possible, ils habitent trop loin, cela ne servirait à rien et en plus ils arriveraient trop tard (j’avais rapidement refusé l’option de l’accouchement à l’appart). Le taxi est encore la meilleure solution, si tant est que nous arrivions à en attraper un.

-  Papiers d’identité : Ok, manquerait plus qu’ils me refusent l’entrée de la maternité... réflexion peut être un peu bête, mais je me disais qu’autant une femme enceinte a toutes les raisons du monde d’entrer à la maternité (sic), autant je me disais qu’on pouvait me demander qui j’étais afin de me donner accès aux locaux.

-  Téléphone : Ok, dans la poche, toujours utile pour appeler la famille pour annoncer la bonne nouvelle.

Aller, on y va. Enfin on y va, oui, mais pas vite car descendre 5 étages sans ascenseur, ce n’est pas le plus simple pour une femme enceinte sur le point de donner la vie. Finalement, nous descendons les étages sans nous presser et arrivons sur le trottoir. Paris c’est plutôt joli le matin, vers 06h00... pas de circulation, les éboueurs ramassent les poubelles et pas un taxi à l’horizon.

Je dois vous avouer une chose. J’avais lu/entendu qu’il était possible, pas autorisé, mais possible, que les chauffeurs de taxi refusent à une femme enceinte de monter dans leur véhicule de peur qu’elle abime un peu les sièges en cas de perte des eaux. Ce n’est pas très délicat, mais je me disais que cela pouvait arriver, je demande donc à Soff de cacher son ventre avec son manteau ! Cela ne mange pas de pain et peut servir, non?

Le dieu taxi devait être avec nous ce jour là, car pas plus de 5 minutes après que nous sommes arrivés, une lueur verte en rapprochement rapide fait son apparition, un taxi! La chance nous accompagne car le taxi s’arrête et nous montons aussi sec. Nous lui indiquons la maternité (mon stratagème du manteau commence alors à prendre l’eau) et lorsqu’il nous dépose devant la maternité, le chauffeur nous lance : “Bonne chance!!”. C’est donc à ce moment là que j’ai compris que le coup du manteau n’avait pas fonctionné aussi bien qu’espéré.

Sophie n’avait aucune douleur, nous nous sommes donc rendus tranquillement aux Urgences et sommes allés voir la réceptionniste, qui nous a tendu une certaine quantité de documents à remplir. A mes yeux, l’urgence de notre situation était évidente, mais il était clair que la réceptionniste qui en avait vu d’autres, ne le voyait pas de cet oeil là. Une situation urgente pour nous, n’était que le quotidien de cette brave dame! Je ne peux donc lui en vouloir. Nous avons rempli les différents papiers, puis une sage-femme nous accompagna afin d’examiner Sophie et nous dit une phrase difficile à oublier tant l’impact qu’elle génère est fort :

“Et bien, quand vous sortirez de cette maternité, ce sera avec votre bébé dans les bras !”. Effet “Ouahh” garanti.

On se laisse alors un peu “porter” par les événements qui s’enchaînent : Sophie s’installe dans la chambre, on repère un peu les lieux et nous réalisons que nous n’avons pas pris de petit-déjeuner, donc direction la cafétéria pour combler cette erreur.

L’accouchement à proprement parler n’aura pas lieu avant plusieurs heures, je retourne à l’appartement aux alentours de 10h pour préparer les affaires de notre bébé et celles de Sophie. Sur le chemin du retour, je ne manque pas de prévenir toute la famille qu’aujourd’hui c’est le D-day! La pression monte.

 

Les choses sérieuses commencent...

Peu après 12h00 me voilà de retour à la maternité et je trouve ma Soff en train de gérer les contractions qui arrivent de manière régulière maintenant, environ toutes les 10mn. À 12h30, on passe à une contraction toutes les 5 minutes et la douleur est bien présente désormais. Le papa se sent un peu inutile dans ces moments là car il ne peut rien faire... à part être là.

Vers 13h00, toujours pas de sage-femme à l’horizon et ma Soff commence à déguster. Je décide donc d’aller en chercher une et passe ma tête dans le couloir. Je demande à la première sage-femme que je vois de bien vouloir venir parce que là, là ma femme a vraiment mal !!

La sage-femme ausculte Sophie et nous dit que nous aurions dû la prévenir avant (c’est vrai que je sais bien comment se passent les accouchements moi) et que surtout : “Arrêtez de pousser Madame, mais arrêtez !!!” mais Dame Nature fait son office et ma Soff ne peut pas contrôler cette irrésistible envie de pousser !

Le temps s’accélère tout d’un coup. Autant nous avions été plutôt en mode relax jusqu’à présent, autant le niveau de tension est monté très vite : les réflexes du personnel médical sont bien présents, les ordres fusent, clairs, nets, précis... chacun sait ce qu’il a à faire et le fait de manière professionnelle. Un brancard et des infirmiers (qui sont apparus par enchantement) emmènent ma Soff, oublient naturellement que je suis là, et le temps que je dise “ouf” et rassemble nos affaires, il n’y a plus personne dans la chambre à part moi. Une sage-femme rentre dans la chambre, me tend un pyjama stérile et m’emmène vers la salle d’accouchement, alors que je suis dans un état second, réellement !

Dans la salle d’accouchement, tout le monde connait son rôle sauf moi, je me positionne donc aux côtés de Sophie et je lui donne la main. Je pense être utile (car tout le monde l’est sauf le papa) en soufflant légèrement sur le front de Sophie pour la rafraîchir. Erreur. Elle m’avouera plus tard avoir eu envie de me casser le bras pour cela, mais, elle comprend ma volonté d’être à ses côtés et de l’aider dans la douleur et ne dit rien sur le moment.

Sophie ne veut pas de péridurale. La douleur est là, forte, animale, ancestrale. C’est un vrai retour à nos racines qu’un accouchement. On ne peut qu’être naturel, simple, nous mêmes en quelque sorte. C’est un carambolage de sensations pour le papa : de la peur, de la joie, de la tristesse de voir sa bien-aimée souffrir mais aussi de la frustration de ne pouvoir lui enlever cette douleur qu’elle seule doit affronter.

Les minutes s’égrainent et s’enchaînent, mais ces moments ne semblent durer qu’un instant, jusqu’à ce que la sage-femme nous tendent ce que nous attendions avec tant d’impatience et de respect: notre bébé. La désormais maman prend son bébé sur sa poitrine, le caresse, l’embrasse du regard. Les larmes coulent, la pression s’évanouit et les émotions prennent le dessus. Nous avons donné la vie. Nous avons été capables de faire cela, à deux. La sage-femme me demande alors de nous dire si c’est un garçon ou une fille, et j’annonce alors :

“C’est Jeanne”.

Comment s´habiller durant la grossesse....
Premier post, on allume une bougie

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    • #19

      Invité - Audrey

      :D C´est un trés beau récit Mathias! C´est à la fois drôle et émouvant ( la petite larme est tombée...). Comment se passe la paternité?

     

     

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