Le monitoring pour surveiller le cœur du bébé



La cardiotocographie, également connue sous le nom de monitoring, est un test non invasif permettant d’évaluer la santé du bébé pendant les dernières semaines de la grossesse.

Les battements du cœur et les contractions sont deux indicateurs qui permettent  d’évaluer la santé du bébé et le bon déroulement de la grossesse.

Le cardiotocographe, l'instrument utilisé dans le monitoring, est constitué de deux sondes que l’on place sur le ventre de la future maman. La première est une sonde à ultrasons, comme pour l’échographie, qui sert à détecter le rythme cardiaque du fœtus. C’est au médecin de trouver l'endroit idéal pour la placer en fonction de la position du bébé. Le dispositif donne une indication sur les variations de la fréquence cardiaque qui sont retranscrites sur papier, via un graphique.

La seconde sonde sert à mesurer l'intensité et la fréquence des contractions utérines. On la place sur la partie inférieure de l'utérus et on la fixe avec une sangle. Le capteur enregistre les variations de pression de la paroi abdominale faisant suite aux contractions. Ces données sont également retranscrites sur un graphique papier.

Ce qui reflète le bien-être de l'enfant, ce n’est pas la mesure instantanée du rythme cardiaque, mais plutôt les possibles variations de la fréquence cardiaque. Un battement constant n’est pas nécessairement signe de bonne santé, et vice versa : ce qui intéresse le médecin, ce sont les variations du rythme cardiaque pendant tout le temps de l’examen.

Il est donc très utile de comparer l’évolution du rythme cardiaque en fonction des contractions utérines. Si les battements cardiaques ralentissent fortement pendant les contractions, surtout en début d’examen, cela peut être le signe que le bébé se trouve en état de stress, ce qui est assez préoccupant à ce stade. En revanche, des altérations cardiaques brusques (toujours dans des limites raisonnables) comme réponse aux contractions en fin d'examen sont plutôt normales ; il s’agit là d’un phénomène purement physiologique.

Dans les cardiotocographes classiques, les deux sondes sont reliées à l'appareil par un câble ; la future maman est donc obligée de rester assise ou couchée. Les appareils de nouvelle génération, en revanche, bénéficient d’une connexion wi-fi, moins contraignante pour la future maman qui est libre de ses mouvements et peut rester debout. Il existe des cardiotocographes spécialement conçus pour le travail de l’accouchement.

Dans le cas de jumeaux

Il existe des cardiotocographes spécifiques permettant de mesurer simultanément le battement cardiaque de deux fœtus dans le cas d’une grossesse gémellaire. Ces appareils sont munis d'un capteur destiné à détecter les contractions utérines et de deux sondes à ultrasons qui servent à mesurer les rythmes cardiaques. Le médecin applique les sondes sur le ventre de la future maman, au niveau du dos des jumeaux ; sur le papier, le résultat apparaît sur trois lignes : l’une pour les contractions et les deux autres pour les mesures des fréquences cardiaques. Dans les centres qui ne sont pas équipés de ce type de dispositifs, on recourt à la méthode traditionnelle : la mesure est d’abord réalisée sur un enfant, puis sur l’autre. C’est plus compliqué quand il y a trois bébés.

Un examen de plus d’une demi-heure

On peut réaliser le monitoring à partir de la 30ème semaine de grossesse, mais on conseille en général de le faire à partir de la 37ème semaine de grossesse. Sauf indication contraire, l'examen est répété une fois par semaine, jusqu'à ce que le travail commence. Chaque session dure au moins une demi-heure. Il est possible qu’au moment d'examen le bébé dorme : la fréquence cardiaque est, dans ce cas, plus monotone et régulière. Il faut alors réveiller le fœtus en massant doucement le ventre de la maman ou en lui donnant une boisson sucrée.

Si le résultat du test n’est pas tout à fait satisfaisant et laisse un doute, le médecin peut prescrire d'autres examens comme une échographie ou un doppler permettant de vérifier l’alimentation en oxygène du fœtus à travers le placenta.

Pendant le travail, on réalise habituellement un monitoring toutes les demi-heures. Cependant, si les circonstances l'exigent, le monitoring  peut être réalisé en continu. Certains établissements préfèrent d’ailleurs cette dernière option qui leur permet de réagir immédiatement en cas de détresse fœtale.

Quand le bébé tarde à naître

Le monitoring est particulièrement utile lorsque la grossesse touche à sa fin et que le bébé ne semble pas se préparer à la naissance. Dépasser le terme naturel de la grossesse présente des risques pour la santé du bébé car, au fur et à mesure que le temps passe, le flux sanguin entre l'utérus et le placenta se réduit et donc entre le corps de la mère et le fœtus. Les risques augmentent à partir du troisième ou quatrième jour suivant la 41ème semaine. Il faut alors surveiller très étroitement la santé de la mère et de l’enfant : le rythme cardiaque, le volume du liquide amniotique et la fonctionnalité du placenta par doppler.

Il n’y a pas de calendrier particulier pour réaliser ces examens. C’est au médecin de décider, en fonction des premiers résultats et de la santé globale de la maman et du bébé.

Les faux positifs

Le problème du monitoring est le pourcentage élevé de faux positifs : en effet, plusieurs études ont montré que dans 75 à 80% des cas, les anomalies détectées au cours de l’examen ne correspondaient en fait pas à une souffrance fœtale. La conséquence directe en est une augmentation injustifiée du recours à la césarienne et à l’accouchement médicalisé.

En cas de doute, certains examens réalisés en plus du monitoring aident à réduire le pourcentage de faux positifs.

- L'oxymétrie du pouls fœtal : elle consiste à appliquer un capteur, in utero, sur la joue ou sur le front du bébé, pour mesurer la concentration d'oxygène dans le sang. Il s’agit d’un examen non invasif pour l'enfant, mais qui exige certaines conditions : le bébé doit se trouver en position céphalique, la future maman doit avoir perdu les eaux et le col de l’utérus être dilaté d’au-moins 2 cm.

- L’électrocardiogramme fœtal : cet examen consiste à appliquer, in utero, une électrode d'électrocardiogramme sur la tête du bébé. Le capteur enregistre alors l'activité électrique du cœur du fœtus et la mesure est comparée à celle obtenue par monitoring. Le bébé doit, là aussi se présenter en position céphalique, la maman doit avoir perdu les eaux et le col être, au moins partiellement, dilaté.

- Prélèvement de sang du cuir chevelu du fœtus : l’extraction, par voie vaginale, d’un petit échantillon de sang sur la tête du bébé permet de mesurer le pH, c’est-à-dire le degré d'acidité du sang, indicateur d’un possible manque d'oxygène. Cette technique est très rarement utilisée car relativement invasive pour le bébé.

Un rythme cardiaque accéléré

La fréquence cardiaque du fœtus est plus élevée que celle d'un adulte en bonne santé. Aux alentours de la 8ème semaine de grossesse, lorsque l'on commence à pouvoir détecter les premiers battements de cœur par échographie, celui-ci est d’environ 100 battements par minute. À la 10ème semaine de grossesse, il est de 170 et à la 15ème semaine de grossesse, de 150. Il continue ensuite peu à peu à diminuer, atteignant 140 battements minute à la 20ème semaine de grossesse et 120 au moment de la naissance.

Le rythme cardiaque du bébé, puis de l’enfant, se ralentit alors progressivement jusqu'à la puberté, où il se stabilise.



Besoin d'aide ? Posez votre question aux autres mamans sur le Forum LE FORUM

Ajouter vos commentaires

Poster un commentaire en tant qu'invité

0
  • Aucun commentaire trouvé

Le Coin des Mamans : activités récentes

banner mama